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Vivre l’Eglise dispersée … Station 10 – 1 Pierre 2.1-3

1 Rejetez donc toutes les formes de méchanceté et de ruse, l’hypocrisie, la jalousie, et toute médisance. 2 Comme des enfants nouveau-nés, désirez ardemment le lait pur de la Parole, afin qu’il vous fasse grandir en vue du salut, 3 puisque, vous avez goûté combien le Seigneur est bon.
1 Pierre 2.1-3

    Chers frères et sœurs, 

   Ces derniers temps, notre vie est balisée par des « impératifs » importants et essentiels pour participer à l’effort collectif dans la lutte contre le virus. Relevons ainsi, entre autres, l’impératif des  gestes barrières, ces « rejets » de nos habitudes si bienfaisantes. Quoi de mieux lorsque nous sommes à la peine que d’être enserrés dans les bras d’être chers ? Quoi de plus « naturelle » et spontanée que cette main tendue pour dire bonjour à un ami, un collège ? Il y a donc ces « rejets » qui coûtent et qui causent de profondes modifications dans notre approche de l’espace social. La distance physique nécessaire nous invite à nous « écarter », physiquement, de notre prochain. Cela étant, cet « écart » physique ne devrait pas « contaminer » notre regard intérieur sur ce dernier. Rappelez-vous cette parabole du samaritain, cet homme blessé laissé à l’écart par ces personnes craignant la souillure. Il en va différemment, bien sûr, de notre nécessaire « écart sanitaire », geste barrière utile et indispensable. Pour autant, la parabole du Samaritain n’est pas sans nous inviter à un « autre élan », un humble regard de compassion vers le prochain qui conduit à l’action. Ce qui a motivé le samaritain à s’approcher de l’homme mourant, c’est un cœur « bon », une profonde compassion qui va au delà de certains « impératifs-alibis ». Qu’en sera-t-il de nos relations avec notre prochain après ce confinement ? Qu’en sera-t-il de nos relations entre nous après ce confinement ? Je nous imagine, le cœur plein de joie et remplis d’un nouvel élan, nous retrouver dans ce petit temple de Meulan. Je nous imagine prier, chanter les louanges du Seigneur. Je nous imagine désirant méditer, entendre et mettre en pratique ce « lait pur de la Parole » ! Je nous imagine repartir ensuite, marcher sur ces trottoirs où croisant notre prochain nous nous en approcherons pour lui adresser un sourire, lui dire quelques mots, quelques mots de l’Évangile ! Un Évangile qui se savoure comme du lait si désiré et si nécessaire pour le nourrisson ! Je nous imagine aussi séchant les larmes de celui qui souffre, enlaçant celui qui faiblit ! Je nous imagine à genoux, humbles devant notre grand Dieu, « à goûter sa bonté » et recevoir de nouvelles forces ! 

    En attendant, il nous faut pour un temps, vivre et grandir dans la foi au milieu d’épreuves,  dans un contexte pas toujours évident ! Certains, parmi nous, sont seuls et isolés, à la santé fragile ! D’autres tournent en rond avec le bruit des voisins, les cris des enfants ! D’autres enfin, vivent les choses plus paisiblement, plus sereinement ! Quoi qu’il en soit, le défi est bien là dans ce contexte ; nourrir notre foi ! Se pose alors la question du comment ; qu’est-ce qui me fait grandir dans la foi ? Une question qui fait peut-être écho à celle-ci ; pourquoi le Seigneur a-t-il, entre autres, voulu l’Eglise si ce n’est pour nous faire grandir les uns par les autres, les uns avec les autres ? Ce qui nous fait grandir dans la foi, me semble-t-il, ce sont aussi des relations fraternelles sincères et édifiantes ! En temps de confinement, ce n’est pas choses si évidentes ! La solitude apparaîtrait, dans ce cadre, comme un frein à ma croissance. Et puis, il y a toutes ces questions fondamentales ou remarques qui jaillissent de la bouche des enfants, certainement plus irritantes dans ce confinement ; « il a eu plus de pommes de terre rissolées que moi ! Ce n’est pas à mon tour de jouer à la console ? ». Bref, nos « relations » si elles sont lieues de croissance cela ne semble aller de soi en l’état actuel. Comment donc faire, dans la solitude ou à plusieurs, de nos relations des lieues de croissance ? Pierre nous invite à un double mouvement, un double-impératif (bien loin d’être un alibi à une pratique religieuse de façade) ; 

  • Une « mise à l’écart » de tout ce qui nuit à la relation d’amour dans une communauté (v. 1). Un « rejet » de tout qui se trame dans notre cœur et qui met à mal la communion à laquelle nous sommes appelés. Comment faire concrètement, confiné(s) seul ou à plusieurs ? Sans avoir de solutions miracles, je suggère quelques réflexions ; prendre le temps de l’écoute patiente avant de s’exprimer, confier ce qui nous irrite ou nous déçoit au Seigneur pour qu’il nous aide à « gérer » sagement cette colère et verbaliser nos contrariétés (Jacques 1.19) ; faire preuve de patience et de souplesse dans nos relations au près ou à distance (Jq 1.4), oser exprimer de façon « non violente » nos besoins légitimes (nos espaces d’air) ; faire preuve de sagesse dans la gestion de nos fatigues, nos agacements, faire preuve de créativité pour que cesse la boucle de nos pensées pouvant conduire à la médisance. Demander à Dieu la « sagesse » du contentement pour affronter en face l’épreuve-tentation de la jalousie, qu’il nous inspire des idées pour vivre des « relations sincères » (y compris à distance ; par téléphone, skype etc) en apprenant à exprimer avec douceur mon ressenti, … bref, faire preuve de sagesse, mais pas n’importe laquelle ; « la sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique,
    modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie » (Jacques 3.17). Pas facile que de mettre en pratique toutes ces facettes (sans être exhaustive) de la sagesse ! N’oubliez jamais, chères sœurs et chers frères, que toutes les exhortations des épîtres du Nouveau Testament s’adressent à des chrétiens, et non pas à des femmes et des hommes non croyants. Nous sommes en chemin, mais surtout cette « sagesse d’en haut » est celle qui
    vient de Dieu, et si elle vient de Lui alors, n’hésitons pas à la lui demander ; « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous
    simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. » Jq 1.5.

  • Un « désir ardent » pour la Parole de Dieu ! (v.2) Comme cette biche assoiffée qui soupire après l’eau du ruisseau (Ps 42.1), comme ce sportif qui voit la ligne d’arrivée à l’horizon qui redouble d’effort en s’élançant vers elle, comme cet artiste qui sait son oeuvre bientôt achevée et qui s’y donne corps et âme, voici le profond élan dessiné par Pierre ! Un élan de vie que de se nourrir de cette Parole de Dieu, pour y découvrir la puissance de vie qui s’y trouve ! Il n’est pas si facile au quotidien de prendre le temps du silence ! Le temps de la méditation relève du défi impossible pour certaines ou certains d’entre nous ! Ou bien encore, traversant un désert spirituel, l’idée même d’ouvrir la Bible semble inenvisageable ! Que faire alors ? Comment répondre à cet « impératif » de Pierre ? Je n’ai pas la solution miracle, mais peut-être que comme le cri du bébé, balbutier en prière pour que le Seigneur vous donne de « nouveau cette soif insatiable » de sa présence, de sa Parole. Ou bien encore en trouvant un plan de lecture à la mesure de vos capacités pour apprendre pas après pas à (re)fréquenter l’Ecriture au quotidien. En faisant preuve d’imagination dans le temps, le lieu pour votre méditation, en trouvant un « partenaire de lecture » qui pourrait être « vis à vis » pour petit à petit prendre goût à ce bon « lait pur » ! En tout état de cause, ne désespérez pas, vous avez déjà goûté, dans le passé, combien le Seigneur est bon ! Or, c’est ce même Seigneur qui vous attend pour de nouveau savourer sa bonté ! 

Que le Seigneur vous bénisse et vous garde pour cette semaine sainte qui nous conduit pas après pas vers la victoire du Christ à la croix,

Bien à vous 

Fred 

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