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Station 14 – 1 Pierre 2. 18-25

Station 14 – 1 Pierre 2. 18-25

18 Serviteurs, soumettez-vous à votre maître avec toute la crainte qui lui est due, non seulement s’il est bon et bienveillant, mais aussi s’il est dur. 19 En effet, c’est un privilège que de supporter des souffrances imméritées, par motif de conscience envers Dieu. 20 Quelle gloire y a t-il, en effet, à endurer un châtiment pour avoir commis une faute ? Mais si vous endurez la souffrance tout en ayant fait le bien, c’est là un privilège devant Dieu.
21 C’est à cela que Dieu vous a appelés, car Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, pour que vous suiviez ses traces. 22 Il n’a commis aucun péché, ses lèvres n’avaient
produit la tromperie. 23 Injurié, il ne ripostait pas par l’injure. Quand on le faisait souffrir, il ne formulait aucune menace, mais remettait sa cause entre les mains du juste Juge. 24 Il a pris nos péchés sur lui et les a portés dans son corps, sur la croix, afin qu’étant morts pour le péché, nous menions une vie juste. Oui, c’est par ses blessures que vous avez été guéris. 25 Car vous étiez comme des brebis errantes mais, à présent, vous êtes retournés vers le berger qui veille sur vous.

Chères sœurs et frères,
Connaissez-vous cette vieille chanson quelque peu satirique « Merci Patron ! » ? De cette chanson, je ne me souviens que du refrain « Merci patron Merci patron ! Quel plaisir de travailler pour vous ! On est heureux comme des fous ! Merci patron Merci patron ! Ce que vous faites ici bas ! Un jour Dieu vous le rendra ! ».
Dans ces quelques versets de Pierre, est-il question de ce genre de «loyauté» à l’égard du patron, une loyauté dont on peut se demander si elle est si authentique que cela ? Pierre, en effet, poursuit son « appel à la soumission » cette fois-ci en s’adressant « aux employés des maisons », pour la plupart esclaves, au service de « maîtres » plus ou moins scrupuleux. L’appel de Pierre semble bien moins idyllique que le refrain de la chanson « Merci Patron ! ». Certes, certains esclaves étaient bien traités et instruits aux frais du maître. Il pouvait arriver, cependant, qu’un esclave soit également maltraité, battu et ce sans raison. De plus, l’esclave, contrairement au citoyen romain, pouvait être crucifié. Face à ce triste sort, Pierre enjoint ses « serviteurs » à plus qu’un remerciement à l’employeur, mais à la « soumission » ! Autrement dit accepter en son for intérieur la position de supériorité, dans un ordre social donné, de celui qui l’emploie ! Tout comme le ou la responsable politique, le « maître » bon ou mauvais demeure une créature de Dieu avec une responsabilité particulière.
Bien sûr cet élan intérieur se vit dans une juste vision des choses ; nous devons la crainte à Dieu en premier, et le respect pour sa créature ensuite. Mais ce qui est saisissant ici c’est cet appel au respect inconditionnel pour le « maître », qu’il soit bon ou mauvais ! Sans entrer dans tous les détails, ce qui me frappe ici c’est que notre conduite ne devrait pas dépendre du comportement de l’autre ! Je me souviens lors d’un de mes jobs d’été, un employé justifiait ces vols à l’entreprise par le mauvais comportement du patron et son salaire trop bas ! Que l’employeur soit bon ou mauvais, il faut faire le bien malgré tout, car ce qui doit motiver notre conduite c’est la crainte de Dieu, c’est à dire vivre par amour révérencieux pour Dieu ! Vivre pour lui faire plaisir et ce même si les « souffrances » peuvent en être la conséquence. Et c’est le deuxième point assez troublant ici à première vue dans cet appel ; ces « souffrances injustes » sont plus que probables pour celui qui veut « faire le bien » à la suite de son divin maître !

Les actions de Jésus – bonnes par excellence – ont-elles variées en fonction du comportement de ces bénéficiaires ? Ont-elles été guidées par le souci d’éviter la souffrance à tout prix ? Cet appel exigeant à faire le bien, malgré le comportement versatile du maître et les souffrances qui peuvent en résulter, est un « privilège » nous dit Pierre ! Étonnante affirmation, un brin scandaleuse pour certains ! Il ne s’agit pas ici de se glorifier de subir outrages et souffrances d’un employeur injuste, mais bien au contraire, de découvrir la véritable vocation du chrétien ; faire le bien malgré tout dans le respect de l’autre, même quand cela coûte, même s’il faut en souffrir, à l’image de celui que nous servons et adorons, Jésus-Christ !
Alors il ne s’agit pas d’être faussement « heureux comme des fous » pour reprendre les paroles de la chanson. Ni de se taire ou ne rien faire face à des « injustices » profondes, la soumission ne signifie pas le silence coupable devant un maître indigne (Joseph n’a-t-il pas refusé les avances illégitimes de la femme de son employeur ?), mais de bien comprendre notre « vocation » particulière là où nous sommes placés de façon générale ! « Faire le bien » malgré l’injustice, « faire le bien » face à une injustice, « faire le bien » en subissant l’injustice, n’est ce pas marcher dans les pas du Christ ? Qu’existe-t-il d’exemple plus puissant de témoignage d’amour face à l’injustice, que Jésus-Christ meurtri qui accepte de subir l’ignominie de la croix pour sauver des pécheurs, employeurs, salariés, sans emplois …. ? Lui qui a porté le poids de nos fautes sans rien dire, se soumettant à des autorités religieuses et politiques aux procédés iniques, est « notre berger ! ». La résistance de Jésus ne s’est pas traduite par une révolte violente face à l’injustice flagrante dont il était victime. Il a accepté de subir l’injustice, pour toutes celles que nous subissons.

Il a accepté les coups, les crachats, les clous, la croix pour arracher, de façon silencieuse mais la plus puissante qui soit, la racine immonde du péché qui souillent toutes relations, toutes situations. Nous « brebis errantes » en proie aux « loups aux crocs acérés », nous voici aimés, portés, par notre divin berger. Il est celui qui veille sur nous, lui qui prend soin de nous, de nos blessures ! Avez-vous remarqué la fin du refrain de la chanson de départ ; « Dieu vous le rendra ! » ? Voici aussi une source d’encouragement lorsque nous subissons des « souffrances injustes », notre Seigneur rendra justice, lui le « juste Juge » v. 23 ! C’est cela que Jésus avait aussi à l’esprit dans le silence du prétoire …
Chères sœurs et chers frères, que ces paroles de l’apôtre Pierre puissent nous rejoindre qu’elle que soit notre situation personnelle, professionnelle, familiale. Dieu nous a appelé, Dieu nous a aimé et nous aime, et cela ne changera jamais !

Que le Seigneur vous garde et vous bénisse,
Bien fraternellement
Fred

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