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Station 13 – 1 Pierre 2.13-17

Station 13 – 1 Pierre 2.13-17
13 Pour l’amour du Seigneur, soumettez-vous à vos semblables, qui sont des créatures de Dieu : au roi qui détient le pouvoir suprême, 14 comme à ses gouverneurs chargés de punir les malfaiteurs et d’approuver les gens honnêtes. – 15 Car voici ce que Dieu veut : c’est qu’en pratiquant le bien, vous réduisiez au silence toutes les calomnies portées contre vous par les insensés, dans leur ignorance. 16 Vous agirez ainsi en hommes libres, sans faire pour autant de votre liberté un voile pour couvrir une mauvaise conduite, car vous êtes des serviteurs de Dieu.17 Témoignez à tout homme le respect auquel il a droit, aimez vos frères et sœurs en la foi, craignez Dieu, respectez le roi » !

       Chères sœurs et chers frères,
Ça y est ! Le dé-confinement est annoncé pour le 11 mai ! L’appel du 11 mai sera-t-il celui de la libération de tous et totalement ? Rien n’est sur, il nous faudra certainement faire preuve de patience, de renoncements. Nous dépendrons encore des décisions que prendront nos responsables,  décisions fruits de diverses consultations et de tractations. En dépit de ces « restrictions », c’est en « hommes et femmes libres » que Pierre nous invite à vivre selon cette « bonne conduite » dont il parlait précédemment. Une « bonne conduite » qui peut sembler assez étonnante voire dérangeante ; celle de la soumission ! Aïe, voilà une expression à l’opposée de l’élan qui meut la nature humaine ! L’élan le plus général et le plus spontanée de l’être humain est bien celui de la domination, de la possession, que celui de se placer dans une position d’abaissement. Bien plus encore, il s’agit d’adopter cette position de façon consentie et intérieure devant quiconque, devant nos semblables en ce qu’elles sont créatures de Dieu. « Bon, bon, arrêtons-là l’exhortation de Pierre, elle semble bien trop générale, bien trop exigeante, alors à la perfection nul n’est tenu … alors bon vent à tous ! Oui, car en plus et c’est le pompon, cette soumission doit l’être à l’endroit des responsables politiques ! Ah ça non ! À d’autres, n’avons-nous pas il y a bien longtemps renverser nos rois privilégiés ? Alors se remettre sous le joug d’autorités politiques, certainement pas ! Et puis, ils sont « tous pour… », il n’y a qu’à  voir leurs décisions, leurs affaires en tout genre, se soumettre à ces « gens là » ! Pas question ! Et puis, ne sommes-nous pas des « résidents temporaires » selon les mots de Pierre, du coup nous n’avons pas à nous laisser enfermer dans cette réalité du monde, y compris avec ces institutions politiques ». Vous l’aurez compris, il n’est pas si évident que cela de comprendre, d’appréhender l’impératif de subordination de Pierre. Loin de prétendre répondre à toutes ces remarques et encore moins en quelques lignes résoudre la question de notre relation au pouvoir politique, je ne souhaiterais pas faire trop long cette fois-ci et évoquer quelques pensées qui me viennent à la lecture de ces quelques versets ;
• Tout d’abord, dans cet élan intérieur qui consiste à consentir à prendre une « place inférieure », doit être le fruit d’une liberté. Il ne s’agit pas d’accepter tout et n’importe quoi, ni se taire face à un régime politique illégitime. S’il nous faut « respecter » les responsables politiques, tout comme quiconque, c’est dans un cadre créationnel. En rappelant que toute homme est « créature », Pierre suggère qu’il y a donc un créateur. Que dès lors, nous sommes tous issus d’une même origine, d’une même volonté créatrice. Nous participons d’un même projet divin, pour chacune et chacun comme pour le monde entier. Un « projet » dans lequel s’inscrit l’organisation sociale et politique. De ce fait, les responsables politiques sont avant tout des « créatures » de Dieu, comme nous le sommes. Dès lors, il est possible, souhaitable, nécessaire, de discuter les opinions, les idées, les décisions (rappelons dans le cadre d’un régime politique légitime), mais voir en mon prochain, y compris le responsable politique, une «créature » de Dieu, issu de son projet, changera (devrait changer) mon regard non ? En effet, qui dit « créature » dit être fragile, faillible, limitée. Qui dit créature, dit dignité, dignité reçue de son créateur. Qui dit « créature » ne dit pas « créateur », il n’est pas question ici d’envisager un pouvoir politique revendiquant un statut divin, exigeant une obéissance aveugle et absolue de ces sujets. S’il y a obéissance et respect, c’est « pour l’amour du Seigneur » ! Un « amour » qui se donne, un « amour » qui, à la croix, a payé pour le poids des fautes de toute créature ! Alors, oui discutons les actions politiques, les décisions dans différents domaines, mais soyons vigilants de porter un regard différent sur la personne, un regard équilibré, car tous nos semblables sont des créatures de Dieu !
Ensuite, être véritablement libres c’est être « serviteurs de Dieu » (Rm 6.22 ; Ga 5.13) et par là serviteurs des hommes. Une liberté faite d’obéissance à Dieu, de respect pour les autres dans la responsabilité que le Seigneur lui a confié. La Liberté authentique consiste à « pratiquer le bien », non par contrainte, mais par amour, par esprit de service dans une attitude de reconnaissance à Dieu pour tout ce qu’il fait.
• Enfin si nous sommes « résidents temporaires », notre relation à ce monde n’est ni la tentation de prendre le pouvoir (y compris par la violence), ni un retrait, un repli sur soi prétextant que notre « domaine d’activité » se résumerait à la piété … au contraire nous sommes appelés à vivre au milieu de nos semblables, à chercher le bien de la cité (Jérémie 29.7). Ô combien, je me réjouis en ce sens du projet IMPACT VILLE ! Nous sommes appelés à porter la lumière du Seigneur à tous, y compris aux responsables politiques, pour qu’ils soient touchés par l’Evangile et sa puissance transformatrice.

Pour conclure et par dessus, en tant que « créature », nous mêmes, je voudrais vous laisser avec ce dessin de Benjamin, notre fils, qui illustre Esaïe 49.16. Bien que faibles, fragiles, faillibles, nous sommes « dignes et aimés » du Seigneur parce qu’il le veut ! « 15 Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit ? Cesse-t-elle d’aimer l’enfant qu’elle a conçu ? Et même si les mères oubliaient leurs enfants, je ne t’oublierai pas !16 Voici, je t’ai gravée dans le creux de mes mains, je pense constamment |à tes remparts » (Esaïe 49.15-16).

Bien à vous,
Fred

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