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Station 12 – 1 Pierre 2. 11-12

Station 12 – 1 Pierre 2. 11-12
11 Mes chers amis, vous êtes dans ce monde comme des résidents temporaires, des étrangers ; c’est pourquoi je vous le demande : ne cédez pas aux désirs de l’homme livré à lui-même : ils font la guerre en vous. 12 Ayez une bonne conduite au milieu des païens. Ainsi, dans les domaines mêmes où ils vous calomnient en vous accusant de faire le mal, ils verront vos bonnes actions et loueront Dieu le jour où il interviendra dans leur vie.

Chères soeurs et chers frères,
Encore une fois, Pierre nous rappelle notre statut dans ce monde « des résidents temporaires (de passage), des étrangers », statut que nous avions déjà médité lors de notre première station. Comme Israël au désert autrefois en chemin vers la terre promise, nos pas, nos jours s’enchaînent les uns après les autres dans ce monde où les convoitises ne manquent pas. Dès lors, en notre for intérieur se livre une bataille qui fait rage. La tentation de l’impatience alors que tous « nos » désirs ne sont pas satisfaits immédiatement peut conduire à des situations dramatiques comme ce fut le cas lors de l’épisode du veau d’or. Le « désir » est-il à combattre en tant que tel ? Faut-il faire voeu de retrait du monde, de notre être en verrouillant tout ce qui pourrait nous pousser à « désirer » ? Faut-il discipliner, par toutes sortes de procédés, nos « désirs » ? Bref, nous aurions, dans ce cas-là, affaire à une religion de l’interdit, une religion qui frustre plus qu’elle n’épanouit. Sans vouloir aller trop loin, il me semble que ce n’est pas le « désir » en tant que tel dont il est question ici. Le « désir » n’est-il pas le moteur de notre vie s’il est orienté vers ce qui est bon ; la présence de Dieu (Ps 42.1 ; Ps 63.1-2 ; Ps 84.1-2), sa Parole (Ps 119.40) ?
Ici, il en va différemment, il s’agit de ces « désirs » qui jaillissent de la faiblesse de l’humanité, de sa révolte à l’endroit de Dieu, de sa volonté d’autonomie, de sa décision de définir ce qui est bon pour lui. En notre être, bien qu’en cours de régénération, nous avons à vivre un véritable combat face à ces incessants assauts de tentation de notre monde. Le confinement nous en préserve-t-il ? Pas sur ! Nous avons à réfréner nos « désirs » légitimes de rencontre, d’échanges en vis à vis, d’aller et venues … et ce n’est pas facile ! Véritable coup dur que de s’entendre, que de se voir, ses libertés limitées ! Cela bouillonne et l’occasion de se laisser aller aussi ! La réaction violente git là tapit près à nous souffler la révolte, la grogne ou je ne Page 1 sais quoi ! Et puis la promiscuité ou le contraire la solitude n’excitent-elles pas nos « désirs » insatisfaits (de compagnie ou de solitude salutaire) ? Bref, nous sommes à la merci de luttes qui bien souvent nous dépassent. Et cela, nous le partageons avec nos frères et soeurs en humanité. Mais n’oublions pas ce qui est inscrit sur notre « passeport céleste », n’oublions pas où se trouve notre véritable patrie ! N’oublions pas que nous partageons la vie humaine dans tous ces aspects les plus vils comme les plus glorieux. Cependant, Pierre ne nous laisse pas sans armes (la protection de Dieu 1.4, la victoire par sa résurrection 1.4, sa Parole agissante 1.23, son Esprit), ni sans stratégie. La stratégie ici est originale ; la fuite ! En tout cas, ne pas céder, ne pas laisser notre esprit, notre volonté vagabonder. Ce texte me rappelle cette nouvelle formulation dans le Notre Père « ne nous laisse pas entrer en tentation ». Bien sur, cette modification visait à mettre en évidence que « Dieu ne tente personne » (v. 13), mais cette formulation met aussi en évidence notre faiblesse à combattre ces convoitises ! Il ne s’agit pas de déclarer forfait mais de puiser en Dieu la sagesse, la force pour ne pas nous laisser aller à cette spirale glissante décrite par Jacques (1.14-15). Il ne s’agit pas de nous dérober à toute vie réelle, mais de reconnaître le besoin de la grâce de Dieu, de sa protection pour résister à ces assauts incessants, comme à celui qui se cache derrière (5.7).
Ce à quoi exhorte Pierre, ce n’est pas à un retrait du monde, pour fuir par la même occasion toutes convoitises. Au contraire, il s’agit bien plus de vivre dans ce monde de telle façon que les personnes non croyantes autour de nous, « dans les domaines mêmes où ils vous calomnient en vous accusant de faire le mal ils verront vos bonnes actions et loueront Dieu le jour où il interviendra dans leur vie ». Dans notre actualité, il s’en écoule des fleuves de « il faut, il n’y a qu’à » pour résoudre la situation. Il est bon de s’exprimer. J’avais entendu qu’en France, il y a 60 millions de de sélectionneurs pour l’équipe de France, il y aussi autant de médecins, de chercheurs, de politiques … Je veux, ici, m’exprimer humblement et sans doute je participe de ce fait à ces fleuves d’informations qui vous inondent, prétendant sans doute à une posture qui ne devrait pas être la mienne. Ceci dit, en relisant ce verset 12, je n’ai pu m’empêcher de penser à ces questions (reproches) que l’on entend ici ou là dans un après-coup facilitant si grandement les « remontrances un peu lâches » à une communauté chrétienne ; Qu’aurait dû faire l’Eglise X ou Y alors que le virus venait frapper à notre porte, balbutiant quelque peu ces effets dévastateurs ? J’ai été stupéfait par ces réactions médiatiques et politiques assez virulentes contre l’Eglise Portes Ouvertes de Mulhouse, tout autant que touché par le témoignage de son pasteur Samuel Peterschmitt. Cette communauté qui paie un cher tribut est « accusée de faire le mal » ou du moins de l’avoir fait en nourrissant un foyer de contamination. Je ne voudrais pas entrer dans la polémique ni même argumenter des tenants et aboutissants. Je vous invite à consulter les déclarations de nos instances Page 2 protestantes qui ont réagi avec brio. De mon humble côté, ce verset 12 de Pierre a nourri ma réflexion avec cette situation de nos frères et soeurs de Mulhouse ; quelle est donc cette « bonne conduite » qu’il nous faudrait adopter dans ce contexte ? Quels seraient les réactions « vives » à dominer pour ne pas sur-réagir ? Quelle est donc « cette bonne conduite » à adopter lorsque l’on nous calomnie ou on nous accuse des pires choses ?

J’en vois trois parmi tant d’autres, mais dans un mouvement de « va et vient » avec ces personnes qui nous « chargent » ;

• Tout d’abord reconnaître de façon légitime la paille que nous avons dans l’oeil (Luc 6.41-43), notre fragilité, notre faiblesse. Il ne s’agit pas de « capituler » devant l’ennemi, devant les accusations calomnieuses. Il s’agit de reconnaître que dans ce que nous sommes , dans  ce  que  nous connaissons des réalités qui nous dépassent, nous sommes loin de tout maîtriser. L’Eglise PO ne connaissait pas la teneur de son avenir à ce moment-là. Qui pouvait le savoir ? N’avons-nous pas tous, au moins, une paille dans notre oeil, pour savoir ce qu’il convient de faire à tous égards ? Reconnaître cette « paille » ne signifie pas reconnaître ses torts à tout va même si nous n’avons rien à nous reprocher. Mais d’humblement d’admettre notre fragilité à appréhender ce monde, ces combats, et de demander à Dieu la force d’y vivre ! D’un autre côté, à charge pour celui qui nous épie, nous reproche le mal, de vérifier s’il n’a pas au moins la même chose dans son oeil (une poutre ?).

• Ensuite, il conviendrait de s’assurer que nous pouvons jeter la première pierre (Jean 8). Autrement dit, de s’assurer que de notre côté, nous n’avons rien à nous reprocher, ou que dans de telles circonstances nous aurions agi différemment ! N’arrive-t-il pas (même aux meilleurs) à tout homme, toute femme, de changer d’avis ? Vous connaissez l’expression « il n’y a que les …. ». Il nous arrive (en tout cas à moi oui) de rapidement jeter la pierre sur l’un ou l’autre dans une attitude d’autojustification ; « au moins je ne suis pas comme cette femme adultère ! ». Oui mais, qui sommes-nous pour « jeter la pierre » aussi Page 3 promptement ? Qu’aurions-nous fait à la place de cette Eglise ? Qu’ont fait les supporters d’une équipe de foot lors d’un match de championnat d’Europe ? Ils se sont rassemblés ! Ce deuxième élan – reposer notre pierre « accusatrice » – serait une « bonne conduite » à méditer par nos médias, nos politiques … à zut cela recommence, j’ai gardé cette pierre en main … Je crois que cet élan nous concerne tous, et moi le premier …

• Enfin, ce qui est intéressant, dans cet élan d’opprobre jeté sur cette assemblée, c’est qu’elle soulève le besoin fondamental de l’homme en général de trouver un « bouc émissaire » ? Ici, une Eglise, là-bas un match de foot ! Il nous faut « un responsable, encore mieux un coupable ». Et ce d’autant que l’ennemi reste invisible mais dont les effets ne le sont pas ! Et ce n’est pas sans nous rappeler qu’il y un ennemi aussi invisible mais aux effets néfastes pour lequel il a fallu, il y a 2000 ans, un « bouc émissaire ». Ce « péché », ennemi invisible aux effets bien visibles dans notre monde, est le véritable problème. Éradiquer ce mal, la véritable solution ! Christ est ressuscité ! Lui, le « bouc émissaire », lui qui a porté le « poids de nos fautes », c’est Lui la véritable solution, la véritable réponse à ce monde en détresse ! Alors confiants et humbles dans ce que nous vivons, fuyons les « désirs » de l’homme révolté contre Dieu, mais prions pour que le Seigneur interviennent dans la vie de tous ceux qui nous entourent. Pour qu’ils puissent louer le Seigneur lorsqu’ils verront notre « bonne conduite », une conduite « humble et sincère », une conduite faite de pardon et d’amour, une conduite de simples « des résidents temporaires (de passage), des étrangers » en chemin !

Que le Seigneur vous bénisse et vous garde
Fraternellement
Fred

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