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Réjouissez-vous … facile à dire …

« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous ! » (Philippiens 4:4)

 

Nous pourrions avoir l’impression que ce verset de la Bible pourrait entrer parmi les textes des chansons francophones dites « Positives » (La ballade des gens heureux, Y’a d’la joie, tout le bonheur du monde etc) tant il semble déconnecté de notre réalité quotidienne. Nous avons l’impression que les choses vont de mal en pis. Dès lors, « être positif », être dans la « joie » peut paraitre artificiel. D’ailleurs, d’aucuns trouvent des artifices pour trouver une « joie » qui reste, malgré tout, souvent très éphémère.

Bien que chrétiens, nous devons, nous pouvons, confesser qu’il nous arrive de ne pas goûter, ni rayonner la « joie », qui plus est continuellement. Et cela peut-être chose normale. Mais, comment comprendre alors cet impératif de Paul : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous « ! (Philippiens 4:4) ?

En prémisse, je souhaiterai rappeler que Paul écrit ce verset, depuis la cellule de sa prison. Nous ne pouvons pas, dès lors, l’accuser de naïveté inconsidérée. S’il parle de « joie » à vivre, et s’il l’a lui même expérimentée, ce ne peut pas être une joie artificielle, naïve ou irréaliste.

Aussi, je suggère bien humblement, deux pistes pour nourrir notre réflexion :

Il ne s’agit pas de n’importe quelle joie 

Tout d’abord, cette « joie » doit se vivre « dans le Seigneur » nous dit Paul. Autrement dit, il est question d’une « joie » qui dépasse les circonstances extérieures, qui transcende  notre vie, puisqu’elle puise sa force, sa source en Dieu, dans la profonde gratitude d’être aimé de façon inconditionnelle par le Seigneur. C’est une « joie » qui n’exclut pas la « tristesse » (Philippiens 2.27), qui ne s’assimile pas à un simple rire ou sourire béat. Elle consiste en une paix intérieure, une façon sereine d’envisager les choses. Elle est une orientation de notre esprit qui se fonde sur la confiance et la foi que celui qui nous conduit n’est autre que le Dieu créateur, le Dieu sauveur qui a tant fait pour nous. Cette « joie » ne vient pas de nous, elle nous est donnée par Dieu, elle se vit dans l’intimité relationnelle que nous avons avec Lui.

Le « vous » de la joie 

Ensuite, Paul n’utilise pas le « tu » (sois toujours dans la joie) mais le « vous » (réjouissez-vous) ce qui en dit long. Comment être dans la joie « sans cesse » ? Paul nous place devant un élément important de la vie chrétienne : la communion fraternelle. Nous ne sommes pas des électrons libres, isolés mais nous participons, avec d’autres, à la belle aventure de la foi chrétienne. Dieu rassemble autour de Lui, en un seul peuple, une seule famille, des êtres de toute origine, toute génération, tout arrière plan pour refléter ce qu’il est (un Dieu unique en trois personnes : Père, Fils et Saint-Esprit).

C’est, donc, ensemble qu’il « faut se réjouir, avec ceux qui se réjouissent », Ensemble qu’il « faut pleurer avec ceux qui pleurent ». Celui ou celle qui est dans la joie peut, ainsi, proposer son épaule pour que l’autre puisse pleurer. Celui qui est dans la peine peut, ainsi, recevoir de l’autre quelque consolation et réconfort. Et inversement, celui qui est, actuellement, dans la joie pourra un jour connaitre la peine, et recevoir, à ce moment là, de celui qu’il a consolé autrefois un réconfort, pour vivre ainsi, ensemble dans l’espérance (2 Corinthiens 1.5-10).

Ainsi, nous sommes, appelés, à la joie, mais pas tout seul. Bien au contraire, nous sommes exhortés :

  • Ensemble, à porter nos sujets de joie et de peine,
  • Ensemble, à prier les uns pour les autres,
  • Ensemble, à se rappeler mutuellement les bienfaits, les promesses, la bonté de notre Seigneur,
  • Ensemble, à se rassurer de la présence de l’Esprit qui nous donne le « vouloir et le faire » (Philippiens 2.13),
  • Ensemble, à partager cette « joie de vivre »,
  • Ensemble « vivre l’Eglise », en étant conscient qu' »il y a un temps pour tout » et en gardant à l’esprit la certitude de la « joie » qui vient de la connaissance de Dieu, de son intimité et de sa vie qui jaillit en nous par son Esprit.

Puisse Dieu vous accorder la grâce de recevoir tout à nouveau la Paix et la Joie qui surpassent toute intelligence.

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