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Que ton nom soit sanctifié (Mt 6.11)

Nous poursuivons notre sentier sur la prière que Jésus laissa à ses disciples dans Matthieu 6 . Elle nous conduit au cœur de la prière, au firmament du message de l’Evangile, la Bonne Nouvelle d’une réconciliation avec Dieu pour quiconque croit. Elle nous présente des réalités qui nous précèdent et nous dépassent, ces réalités de l’amour et du pardon divin.

Dans le secret de nos cœurs, Jésus nous invite à orienter nos prières avec une acuité spirituelle plus fine et plus profonde qu’une simple requête. Les requêtes particulières viendront (Mt 6.11-13), mais l’heure est à la demande d’exaucement d’une vérité en train de s’accomplir : Que Dieu soit connu et reconnu comme ce qu’il est, parfaitement saint.

Il ne s’agit pas de prier Dieu pour que son nom soit déclaré saint, comme si il ne l’était pas auparavant, mais qu’il soit reconnu pour ce qu’il est, par son peuple et par le monde. Ainsi, en (re)connaissant la sainteté de Dieu, l’homme, la femme mesure la distance immense qui le sépare de Dieu, un véritable fossé. Mais, cette reconnaissance de la sainteté de Dieu lui permet, aussi, de se délecter de l’œuvre du Christ. Le Christ qui permet à chacun de faire sien cette belle adresse à Dieu « Notre Père ». En effet, à la croix, Dieu prend l’initiative de venir (mouvement vertical) pour combler la séparation (mouvement horizontal) entre lui-même et l’humanité, objet de son amour sans condition.

Quel mystère que celui du Dieu saint qui vient se faire connaitre comme Père, qui s’offre à nous, pauvres êtres balbutiants. Celui qui vient dans le mystère de Pâques, rejoindre l’humanité si loin de son créateur, est celui qui doit être reconnu comme saint.

Cette demande constitue, donc, le profond désir du peuple de Dieu de voir son Seigneur connu et reconnu pour ce qu’il est de toute éternité. Mais, elle constitue, aussi un appel à l’adresse de chacune et chacun des membres de ce peuple. En effet, cette demande « que ton soit sanctifié » passe aussi par ce peuple en marche, un peuple ayant expérimenté la grâce divine. Un peuple qui se reconnaît spirituellement pauvre, un peuple qui sait pleurer de la misère du monde, humble, ayant faim et soif de justice, un peuple qui témoigne de la bonté, au cœur pur, artisan de paix et de justice, un peuple prêt à marcher jusqu’au bout de la course.

Que le Seigneur nous assiste pour que nous puissions être témoin de sa grande bonté et de sa parfaite sainteté.

 

Frédéric Hubault

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